Poussières d'étoile - Partie VI

Publié le par Dragoun Lou

Poussières d'étoiles
Partie VI

 

Gabriel cessa d'interroger son reflet qui, de toute façon ne lui apprenait rien sinon lui renvoyer sa détresse. Il se concentra sur le bruit de l'eau qui cascadait en flots continus, observant sa course tragique. Le bouillon translucide courait en cercles concentriques jusqu'à son inévitable chute dans l'obscur et peu ragoutant siphon. Il voyait dans ce liquide, sa propre vie. Duncan venait d'ouvrir les vannes s'emparant de son existence pour la conduire jusqu'à l'égout.


Au fond, qu'est-ce qu'il retenait de sortir en trombe de cette pitoyable cachette pour lui faire ravaler ses dents et son fiel à cet avocaillon ? En être réduit à tapiner pour sauver son travail, n'était-ce pas en soi idiot ? Risible même. Alors qu'en toute logique, il suffirait qu'il s'explique avec Max pour se sortir de ce pétrin. Seulement, la détermination de Duncan lui coupait tout moyen de retraite. Qu'il démissionne ou se fasse virer du restaurant ne l'empêcherait pas de torpiller la réputation du Thobby. Gabriel refusait que d'autres aient à souffrir de ses erreurs de jeunesse.


Mon vieux, il t'a déjà baisé
.


Conscient de ce triste fait, il ferma le robinet et s'épongea le visage. Ne pouvant rester planquer éternellement, il sortit pour reprendre directement sa place à table. La mine sombre, Duncan fit de même. Avait-il le triomphe modeste ou lui réservait-il encore quelques surprises pour le dessert ? A moins que ce ne soit son homosexualité qui le gênait. Gabriel chassa cette idée. En l'occurrence, son orientation sexuelle lui était fort utile. Minute ! Qu'aurait-il fait s'il avait dû s'occuper d'une femme ? C'était bien lui ça, tenter de trouver du positif alors qu'il pataugeait dans la fange. Pragmatique, il admettait aussi qu'il n'était pas de taille à lutter de front.


Gabriel opta pour une nouvelle tactique, comme pour ses piges, il allait arrondir les angles en essayant d'y laisser le moins de plumes possible. Désormais averti du rôle qu'il devait tenir, il se focalisait sur un point : écourter ce tête-à-tête atroce. Inspirant discrètement, il porta à sa bouche une fourchetée de ses pommes de terre. Tièdes, presque froides, elles n'étaient plus aussi alléchantes mais il se força à les avaler. Toujours aussi mécaniquement, il engloutit son sorbet. Le froid fondant dans sa gorge apaisa la nausée qu'il sentait monter en lui.


Hormis le tintement des couverts sur la porcelaine, rien ne s'échappa de l'ambiance délétère qui régnait dans la pièce. La fin du repas aurait dû coïncider avec sa libération, pourtant il n'en fut rien.


Duncan qui n'avait cessé de l'observer subtilement derrière le rideau de ses longs cils noirs, ne fut guère ému par la soudaine docilité de Gabriel. Inaccessible, le hérisson se calfeutrait derrière son armure pour se protéger d'un danger imminent. Il s'y attendait, préférant cette résistance passive aux embarrassantes car démonstratives effusions dont le livreur l'avait gratifié tout à l'heure.


Il associa son propre manque d'enthousiasme à son intense concentration. Tel un sportif qui se défonce à l'entrainement, il avait minutieusement tout préparé. L'heure était à la compétition. Il ne s'autoriserait à relâcher la pression qu'à la fin de sa performance, quand il aurait atteint ses objectifs. Pour ce soir, le plus gros était fait. Il reprit les hostilités pour en finir complètement.


« Comme ta petite crise est passée, on va pouvoir continuer dit-il, en sortant de table. Suis-moi. »


Il le conduisit au salon pour lui révéler l'identité de l'homme auprès duquel il devait se montrer « gentil ». Il s'agissait d'un investisseur : Elliot Tanner, actuellement en affaire dans la région. Duncan était chargé de finaliser des contrats pour lui. En raison du secret professionnel, Gabriel n'aurait aucune information sur le fond du dossier.

A cette remarque, il tressaillit. L'avocat se rappelait des obligations de sa charge quand ça l'arrangeait. L'ayant bien vu tiqué, ce dernier enfonça le clou pour éviter tout nouveau débordement.


« Pour ce que tu devras faire, tu n'as pas besoin de connaitre les détails, le rabroua-t-il.
— Justement, qu'est-ce que je viens faire là-dedans, se risqua-t-il à demander, confus. Au plus il en savait moins il voyait où Duncan voulait en venir. Que ce soient ses explications ou sa promesse, elles n'apaisaient en rien ses pires craintes, bien au contraire, elles les renforçaient.
— Comme je te l'ai déjà dit, tu vas te faire passer pour mon stagiaire, en mission au cabinet pour, disons… découvrir une application concrète du droit.
— Mais ! réalisa-t-il. Je ne peux pas abandonner le restaurant pour te suivre comme un chien toute la journée. Et puis, je suis trop vieux pour être étudiant.
— Pour tous, tu seras un fils à papa qui est obligé de se ranger s'il veut pouvoir continuer à bénéficier des largesses de son richissime géniteur. Tu as donc repris des études et c'est au piston que tu as obtenu ton stage. Devant la moue dubitative de son désormais élève, il enchaina. Quoi ! C'est tout à fait crédible comme couverture.
— A un détail près, je ne suis pas juriste et j'ai déjà un travail, argua-t-il, s'accrochant à ces défenses dérisoires.
— Ca fait deux détails, si je ne m'abuse, ironisa Duncan.
— Alors ?
— Tanner est un client particulier, laissa-t-il échapper. Quand il vit Gabriel se contracter, il acheva sa phrase avec un petit sourire entendu. Il ne vient jamais au cabinet, on règle tout par téléphone. On se rencontre seulement pour faire le point, échanger des papiers ou des signatures. Ton rôle consistera à m'accompagner à ses rendez-vous et à te montrer agréable. Ils se déroulent généralement le soir autour d'un bon diner. Je t'ai fait tout un topo que tu as intérêt à mémoriser, l'avisa-t-il.»


Gabriel fixait le dossier. A l'entendre, ça avait l'air si simple. Le tout mis ensemble, il n'était pas en état pour réfléchir aux tenants et aux aboutissants qu'impliquait cette double vie. Perdu dans ses pensées, il avait complètement décroché du discours de son tuteur ? Patron ? Maitre ? Un « Eh oh, tu m'écoutes !» impatient le ramena dans le vif du sujet.


« Et combien de temps va durer cette comédie, s'enquit-il, son attention toujours rivée sur les documents.
— Quelques semaines, un mois au plus indiqua Duncan. Constatant qu'il ne pourrait plus rien tirer de Gabriel, il décida d'arrêter là. Prend le temps de digérer tout ça, je te veux en forme pour ta prochaine prestation. Une dernière chose, donne-moi ton numéro de portable, je ne vais pas continuer à passer commande pour te voir rappliquer. »


En se faisant livrer à 22 H 00, il voulait être certain d'avoir le temps de discuter tranquillement avec lui sans qu'il ne croise aucun de ses confrères. Méthode pratique certes mais à court terme seulement, il devait donc pouvoir le joindre sans pourtant le faire venir à son bureau.


« Ca va être difficile, le seul portable que j'ai, c'est un PC, déclara-t-il non sans une pointe de dérision. Sa sainte horreur du téléphone l'avait immunisé contre les sirènes des « smartphone » aux multiples et inutiles applications. Sa ligne fixe avec boîte vocale lui suffisait amplement.
— Bon alors, donne-moi ton fixe, biaisa-t-il, un brin amusé. Gabriel et ses foutues contradictions... »


Ce dernier s'exécuta et inscrivit les dix chiffres sur un feuillet à l'en-tête de l'hôtel.


« C'est bon, je peux y aller, dit-il en posant le stylo.
— Ce sera tout … pour ce soir, corrigea l'autre, faisant mine de lire les nombres. »


Il connaissait déjà son numéro. S'il lui avait demandé, c'était pour éviter de lui donner d'avantage de soupçons, tout en le surveillant de manière discrète et efficace. Excellent, Gabriel lui avait transmis les bonnes coordonnées.


Sans plus de cérémonie, le livreur prit la pochette préparée spécialement pour lui et quitta la chambre dans une muette dignité. Il dévala les escaliers à un rythme soutenu jusqu'au rez-de-chaussée, il regarda sa montre. Elle indiquait 22 H 00. Ces quelques heures lui avaient semblé durer nettement plus longtemps. A par cet affligeant constat, rien d'autre ne lui venait à l'esprit.


Dehors, l'épaisse couche de nuages s'était disloquée par endroit, mais Gabriel ne couperait pas à l'averse. Quelques gouttelettes de pluie s'écrasaient déjà sur le sommet de son crâne. Il se précipita jusqu'à un abribus et put attendre le dernier tram relativement au sec.


Une fois chez lui, il s'effondra sur son lit nerveusement lessivé pour sombrer dans un sommeil de plomb.


Duncan ne tarda guère. A son tour, il libérera les lieux repassant en boucle dans sa tête, le film de ce repas si particulier. Alors qu'il branchait la radio de son Alpha, il se dit qu'il devait être maudit lorsqu'il reconnu le guignol qui s'y époumonait. « Bouclettes grasses avec converses lamé or » sévissait aussi sur les ondes. L'ayant déjà subi à la télévision, il n'était pas d'humeur à retenter l'épreuve même s'il n'endurait que le son. Plutôt que de changer de station, il éteignit son poste.


A la faveur de la nuit, il circulait sans difficulté. Au rythme de ses essuie-glaces, il cogitait pour mettre à profit ce qui était ressorti de leurs échanges. En premier, qui était cet homme que Gabriel avait fréquenté. Le malheureux, s'était-il grillé les ailes comme lui à trop vouloir s'en approcher ? Et aussi pourquoi ne dessinait-il plus ? Cette question là, bien que mineure, l'intriguait beaucoup. Enfin… il l'avait coincé et aussi curieux que cela puisse paraitre étant donné les circonstances, il avait la conviction que Gabriel s'exécuterait sans faire de vague.


XXXXX


Jeudi 8H30, Cabinet d'avocat Simon


Duncan venait à peine de franchir le seuil de l'hôtel particulier que déjà Kendra l'interpellait. Secrétaire hors pair, elle recevait les clients avec une touche de fraicheur qui ne les laissait jamais insensible et dirigeait avec poigne l'ensemble du personnel gravitant autour des avocats. Eux-mêmes devaient montrer patte blanche par moment.


« Bonjour Maitre Pritchett, comment allez-vous ce matin, l'accueillit-elle, avec ce « je ne sais quoi » de déterminé qui l'avertit qu'elle était prête pour leur chamaillerie matinale. Elle lui donnait du Maitre à tout bout de champ, lui avait trouvé la parade.
— Bonjour Ken, c'est la grande forme comme toujours. Mais quand cesserez-vous de m'appeler Maitre ? lui reprocha-t-il, joueur.
— Quand vous arrêterez avec vos Ken, Duncan riposta-t-elle, en rigolant.
— J'oublie toujours que vous préférez Barbie, la taquina-t-il, encore. Et vous deux ça va, demanda-t-il en zieutant le petit ventre arrondi de la jeune femme.
— On va très bien, ne vous en faites pas. Je crois qu'il ou elle n'aime pas plus que moi cette blondasse siliconée dit-elle en riant franchement tout en pressant instinctivement sa main là où son enfant grandissait depuis six mois. Puis prenant un ton professionnel, le patron n'arrivera qu'à 9 H 00 et il veut vous voir, lui transmit-elle. »


Il la remercia pour le message et saluant les autres employés, il gagna son bureau tranquillement. La bonne ambiance qui régnait dans le cabinet aidait à la cohésion de cette petite entreprise. Duncan y avait très vite trouvé ses marques, voilà deux ans qu'il exerçait parmi eux. Il était revenu dans cette ville après la mort de ses grands-parents, la maladie en avait emporté un et le chagrin, l'autre. Son père était resté, trop bien établi et trop vieux pour bouger encore. Il allait souvent le rejoindre dès qu'il avait un long week-end.


Tombé dans une grave dépression après son agression, les premiers mois furent extrêmement difficiles. S'il n'avait pas été aussi bien entouré, il aurait mal tourné. De rébellion en crise d'apathie, il leur en avait fait voir de toutes les couleurs, refusant leur approches maladroites pour certaines. Il s'était finalement confié à son grand-père, lui déballant son dégout des autres et de lui-même dans un de ses moments de profond abattement. Ce dernier l'avait écouté sans l'interrompre une seule fois. Quand il eut fini, il ne s'était pas senti mieux, seulement vide.


Son grand-père avait alors saisi son menton pour l'obliger à le regarder dans les yeux. La pression douce n'était en rien une contrainte, il aurait pu facilement détourner le regard mais il avait fixé les deux orbes noirs de son aïeul. Sa voix trouva écho dans son néant intérieur.


« Tu as vu le côté sombre de l'homme. Ne te prive pas d'en connaitre sa part de lumière. »


Sur le coup, il n'avait pas très bien compris ce que cela signifiait. Leur discussion demeura un secret entre eux sur lequel ils ne revinrent jamais. Aujourd'hui encore, il hésitait sur le sens à donner à cette phrase, mais elle lui avait permis de rebondir et de se reprendre en main. Il avait fait confiance à nouveau sans toutefois se livrer entièrement, gardant une réserve pour sa sécurité.


Duncan savait qu'il jouait avec le feu avec Gabriel, mais il voyait dans cette vengeance le moyen d'exorciser ses démons, de clore définitivement l'un des chapitres les plus noirs de son passé. Ce qu'il avait échafaudé rendait complice, malgré eux des gens qu'il appréciait, et cela le gênait. Il s'était assuré de couvrir ses arrières pour ne pas mettre en péril la réputation du cabinet, de quoi apaiser sa conscience et légitimer son œuvre. Mais même s'il craignait davantage de décevoir son patron, véritable mentor, que les sanctions disciplinaires, il était, malgré tout, parti en croisade.


L'horloge du hall finissait de sonner un neuvième dong quand il toqua à la porte entr'ouverte du bureau de son chef. Se sachant attendu, il entra sans y être invité de vive voix. La tasse de café fumante lui prouva que son patron venait tout juste d'arriver. Ce dernier appliquait ses principes aux autres certes mais également à lui-même avec autant de rigueur.


De la vieille école, Maitre Simon aimait la ponctualité. Elle en disait plus sur un homme que tous les discours qu'il pourrait tenir, répétait-il souvent. Il prenait aussi le soin de regarder les pieds de ses interlocuteurs, quels qu'ils soient. Les chaussures mal entretenues étaient rédhibitoires, selon lui, car elles révélaient un manque criant de sérieux et de fiabilité. Reconnu par l'ensemble de la profession, il travaillait avec une rigoureuse passion. Bâtonnier* pendant près de vingt ans, il était une sommité dans toutes les questions d'éthique professionnelle.


« Bonjour Monsieur.
— Bonjour Duncan, vous avez sans doute compris le pourquoi de cette entrevue, commença-t-il laissant sa phrase en suspens. Alors ? Comment cela se passe avec votre ami, poursuivit-il.
— J'ai exposé notre position clairement. Il est d'accord pour rencontrer Monsieur Tanner, résuma-t-il.
— Vraiment, vous m'intriguez. »


Le ton affable ne détrompa pas Duncan. Simon voulait tout savoir. La perspective de garder Tanner parmi la clientèle du cabinet garantissait non seulement sa notoriété mais de substantielles retombées économiques. Intégrité et chiffre d'affaire ne semblaient pas antinomiques pour cette légende des prétoires.


« Quand j'ai fait venir Gabriel au cabinet, je lui ai touché deux mots de l'affaire en question. Il semblait intéressé mais avait besoin de réfléchir. Je vous ai, immédiatement, dit ce qu'il en était s'empressa-t-il de rajouter.
— Oui, je me souviens de votre coup de téléphone. Ma femme a eu peur qu'il ne soit arrivé quelque chose à l'une de nos filles, vu l'heure tardive de l'appel, se remémora-t-il. Le souvenir du savon qu'il avait essuyé après le fit légèrement tremblé. Seule, Mme Simon réussissait à le faire plier. Poursuivez, exigea-t-il.
— L'idée a fait son chemin et sous couvert d'une seconde livraison, il m'a dit être d'accord. Comme vous me l'avez enseigné, je l'ai invité au restaurant pour conclure notre arrangement. J'ai choisi une chambre plutôt que la salle, plus confortable et surtout confidentielle.
— Laissez-moi deviner, je parie que vous l'avez amené au Saturne, n'est-ce pas ?
— Tout juste Monsieur, il n'y a pas meilleure table pour déguster une viande aussi délicieuse, affirma-t-il, en fin gourmet connaisseur.
— C'est votre dossier Duncan, commença Simon, clôturant la parenthèse culinaire. Votre idée d'impliquer un tiers n'est pas en soi contestable mais c'est loin d'être la panacée. Je tiens simplement à m'assurer que vos liens d'amitié ne vont pas vous influencer. Mr Tanner est le client donc votre première priorité.
— Je sais tout cela, ne vous inquiétez pas tempéra Duncan. S'il savait, pensa-t-il. Le fait est que Gabriel est l'homme de la situation. Avec lui, je réussirai.
— Je vous fais confiance, la qualité de votre travail parle pour vous. J'aimerai quand même le voir ce précieux atout ajouta-t-il, humant les arômes de son breuvage dont il se régalerait bientôt.
— Par soucis de discrétion, il préfère éviter de venir. Je trouve également judicieux qu'il ne se présente pas ici, exposa-t-il. »


Monsieur Simon jaugea son subordonné. Il avait eu du flair d'engager un type de sa trempe, bosseur, enjôleur et un brin fonceur. Il se revoyait en lui avec trente ans de moins. Aussi n'était-il pas dupe. Il sentait que derrière ce rapport trop lisse, il se passait quelque chose avec cet ami. Prêt à se sacrifier pour leur client, il devait forcément y avoir son intérêt. Cela dit, il était sincère quand il avait répété toute sa confiance à Duncan.


« Quand comptez-vous les présenter l'un à l'autre, s'enquit-il, lui octroyant tacitement toute la latitude nécessaire pour remplir sa mission.
— Je dois faire le point avec Monsieur Tanner. Je conviendrai avec lui d'un rendez-vous, répondit Duncan, ayant compris l'accord implicite de son patron.
— Bien, je constate que vous avancez et que vous savez ce que vous faites. Je ne vous retiens pas plus.
— Je ne vous décevrai pas, Monsieur dit le plus jeune en se levant, prêt à repartir. »


Sa conviction fut saluée par un hochement de tête. Soulagé de conserver les pleins pouvoirs sur cette affaire, Duncan se plongea dans son boulot.


Avant de mettre en présence son client et le livreur, il fallait qu'il règle un dernier détail avec Gabriel et pas des moindres. Il s'amusait d'avance de la tronche qu'il ferait quand il le trainerait manu milatari chez son tailleur pour l'habiller correctement. Il n'était pas concevable qu'il se montre devant Tanner avec cet horrible costume bon marché.


* Le bâtonnier est l'avocat élu pour deux ans par l'assemblée générale des avocats inscrits au barreau institué dans le ressort de chaque Tribunal de grande instance, pour assurer la présidence du Conseil de l'Ordre des avocats. Il désigne ceux de ses confrères qui doivent être commis d'office, notamment dans le cadre de l'Aide juridictionnelle. Il règle les incidents qui peuvent de produire entre les avocats, notamment lorsque le différend qui les opposent est né de l'exécution d'une convention de collaboration, et il règle pareillement les litiges qui peuvent surgir entre un avocat et son client, particulièrement lorsque le litige porte sur à la fixation du montant des honoraires. Il peut aussi réunir le Conseil de l'Ordre quand celui ci doit se constituer en Conseil de discipline.

Dragoun Lou


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