2128 à travers mes écrits, tu découvriras une partie de moi. Aussi, plus qu'une longue et fastidieuse présentation, je te souhaite simplement: "bonne lecture". Il s'agit de fanfiction et d'oeuvres originales. 


Si le coeur t'en dit, j'accepte toutes tes critiques, les mauvaises comme les bonnes, du moment que ton avis est argumenté car le respect dans une communauté va dans les deux sens.


Une Plume,
Dragoun Lou

 

 

Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 11:26

Série : CSI New York – Les experts Manhattan

Histoire : Danny et Lindsay emménagent ensemble pour fêter leur un an de couple. Don en souffre car il aime secrètement son meilleur ami. Rien ne va plus entre eux.

Genre :  Romance / Slash

Statut : 10 chapitres – Terminée

Rythme de parution : un chapitre par semaine


Public : Tout public.


 

Prélude

Chapitre 9 : Retour


L’ambulance ouverte, un secouriste tamponnait une compresse sur l’avant- bras du blessé. Une longue estafilade courrait sur toute sa longueur, saignant abondamment. L’entaille était profonde et nette, seul le muscle semblait avoir été touché. Mais par prudence, il fallait faire un examen plus poussé de la lésion afin de vérifier que les tendons et autres liaisons nerveuses n’aient pas été endommagés.

Don avait eu chaud et si sous l’effet de l’adrénaline, il n’avait rien ressenti au passage de lame affutée, là, il douillait sévère. La gravité potentielle de sa blessure et le risque de séquelles lui fichaient une sacrée frousse. Constance l’accompagna à l’hôpital, le remontant le moral à sa façon : énergique. L’interne confirma l’avis du son confrère ambulancier, le traumatisme était musculaire. Il devrait revenir dans 15 jours pour retirer les points de suture. D’ici là, il désinfecterait la cicatrice avec une pommade spéciale à chaque fois qu’il referait le pansement. Il avait ordre de ne pas forcer avec ce bras au risque de rouvrir la plaie.

****

Allongé sur son lit d’hôtel, Don se reposait satisfait du devoir accompli. L’anesthésie s’estompait, la douleur était supportable mais les fils le gratouillaient.

Il arrivait au terme de l’échéance, il se préparait mentalement au départ. Quelle attitude adopter face à Danny ? Il ne se décidait pas. Le trait qu’il avait tiré sur lui n’était que rhétorique, ce con hantait toutes ses pensées, plus encore depuis la visite de Lindsay. Fatigué d’extrapoler des scénarii plus improbables les uns que les autres, le mieux était d’affronter les retrouvailles sans rien préméditer, il agirait en conséquence.

Le lendemain, il se soigna, ça suintait un peu, aussi il appliqua délicatement la crème. Elle sentait bon et ne piquait pas. Il eut des difficultés pour coller correctement le large pansement propre. Il y parvint après quelques essais. Il était droitier, sa bonne main n’avait rien, il s’en sortait pas si mal que ça.
Au bureau, il rassura ses collègues sur sa santé. Constance le prit à part.

— « Mon canard, tu me plais beaucoup. Ton travail sur cette affaire est irréprochable. Je ne me suis pas privée de le dire à ton capitaine. Il t’attend d’ailleurs après-demain à la première heure.
— J’ai été ravi de bosser avec vous.
— Justement, sache que si tu le souhaites, tu peux avoir un poste permanent ici.
— …
— Je ne te demande pas de réponse immédiate. Réfléchis à cette opportunité. Je t’ai bien observé et je sais qu’à New York, tu as des problèmes à résoudre. Quand tout sera clair pour toi, tu me le feras savoir.
— Merci Constance, pour cette marque de confiance. »

 Don était ému, contre toute attente, il se plaisait à Minneapolis.

— « Comment s’est passé l’interrogatoire avec Randall ? »
Etant la dernière victime de ce malade, il n’avait pas pu y participer.

— « Il n’a rien dit d’intéressant, on va le réentendre cette après-midi. Mais je doute obtenir plus de résultat. De toute façon, les preuves sont irréfutables, son petit jeu ne peut que le desservir. »

Il prit son temps pour fignoler son rapport, le pot de départ fut chaleureux. Pour sa dernière soirée, il flâna un peu dans les rues, s’imprégnant de l’ambiance, des humeurs du ciel pour les graver dans sa mémoire. Il embarquait à 10 H 00.

Il eut la surprise d’être escorter à l’aéroport par la patronne en personne et surtout à l’heure, une dernière attention qu’il apprécia à sa juste valeur. N’ayant prévenu personne de son retour, il ne s’étonna donc pas d’être seul à la sortie de l’avion. New York avait repris des couleurs et des degrés supplémentaires. Cette douceur le revigora.

Arrivé chez lui, il ouvrit en grand les fenêtres. Il ne supportait pas l’odeur de renfermé qui flottait dans chaque pièce. Il récupéra la pile de courrier en stand by chez la concierge avertie de son absence, factures et pubs, rien de bien réjouissant.

Il téléphona enfin à sa sœur. Ils papotèrent de tout et de rien. Sam passerait dans la soirée lui rendre les clés de sa voiture et lui apporter trois bricoles, de quoi regarnir un frigo vide jusqu’à ce qu’il se décide à faire les courses.

Tous les revoir lui pesait et l’idée de se camoufler derrière son masque l’insupportait. Dans ces moments de doutes, la proposition de Constance devenait plus séduisante. Cependant fuir n’était pas la solution, ces mois au loin le lui avaient appris. Avant d’accepter ou non sa proposition, il lui fallait résoudre son problème avec Danny. 

****
 

Mercredi 7 H 50, le Lieutenant Flack faisait une entrée remarquée dans les locaux de son commissariat. Ses collègues le saluèrent, contents de le voir revenir au bercail. Il ne s'attarda pas en mondanité, il se savait attendu par leur supérieur. Ce dernier avisa sa montre 8 H 00 quand on frappa à sa porte. En reconnaissant son inspecteur franchir le seuil de son bureau, il constata que Don n'avait pas perdu ses bonnes habitudes, pile poil à l'heure à chaque rendez-vous.

 

Il l'observa faire son rapport sur l'arrestation de Randall Malloy, il releva quelques allusions à l'équipe locale, rien de rédhibitoire en soit, mais surprenant de sa part. Concis et direct, il se bornait aux faits dans ses comptes rendus, de telles parenthèses soulignaient un certain attachement qui lui laissait présager le pire, son homologue du Minnesota ne lui ayant pas caché son intention de le débaucher. En gestionnaire soucieux de la rentabilité de ses effectifs, il n'était pas disposé à perdre son meilleur élément. Il allait le remettre au boulot le plus tôt possible. Le travail dans la rue prenait aux tripes, arpenter Manhattan lui enlèverait toute idée de quitter sa ville. Enfin, il l’espérait. Pour faire bonne mesure, il le félicita officiellement pour la totale réussite de sa mission et s’enquit de sa santé.

 

Sitôt qu'il fut libéré par leur boss, Don n'eut pas le temps de se retourner que Ripley lui sauta dessus exhibant une photo de sa merveille : un petit bout de 54 cm pour 3,450 kg à la naissance avec en prime des coucougnettes de taureau. Encore tout fripé, le poupon chevelu était mignon. Il pria silencieusement qu’il n’ait pas à subir une deuxième version commentée de l’accouchement, il lui en avait dressé le descriptif pendant prés de 45 minutes, bouffant toute la batterie de son portable. Heureusement le papa exubérant limita les effusions.

Son propre père avait-il manifesté autant de fierté à sa venue au monde ? Non, chez les Flack, tout tournait autour de la lignée, il n’était qu’une obligation à remplir et à formater. Qu’à son âge, il n’ait pas encore fondé une famille était une honte pour son géniteur. Il ne s’estimait pas prêt, le serait-il un jour ?  Envisager d’élever un enfant alors qu’il s’engageait dans une relation avec un autre homme, était un peu prématuré. D’autant plus qu’à l’heure actuelle, il était tout ce qu’il y a de célibataire. Depuis presque 6 mois, il se qualifierait même de moine. Terrain glissant sur sujet casse gueule, Don se morigéna. Les introspections prise de tête, il se les réservait pour le soir, où, perché sur le toit de son immeuble, il se perdait dans la contemplation du ciel, cherchant dans ses couleurs, la voie à suivre.

Il se concentra retrouvant rapidement ses repères, le prochain meurtre serait pour lui, la routine en somme. En attendant, Jess le mettait au courant des dossiers en cours. Elle l’emmena ensuite déjeuner. La gorge sèche de lui avoir parlé toute la matinée, elle voulait à présent se taire et l’écouter. Il appela l’ascenseur. Lorsqu’il s’ouvrit, un troupeau d’experts s’y entassait. Ils avaient eu la même idée : manger ensemble, dans le lot, il fallait qu’il y soit: Danny Messer, le seul et l’unique. 

Adam fut le premier à intervenir, mettant un terme à leur observation mutuelle.

— « Tiens, Flack, de retour parmi nous.
  Toujours aussi perspicace, Adam. »
Il salua rapidement les autres occupants, en commençant par Stella, honneur aux dames.

— « Que veux-tu,  je suis scientifique de terrain maintenant. Je dois être à l’affut du moindre indice, et tu ne passe pas inaperçu.
— Félicitation pour cette promotion. Il s’en est passé des choses pendant mon absence.
— Tu n’as pas idée. Parti sur sa lancée, Adam continua : bon, j’en ai marre de bloquer la porte, vous montez ou vous prenez le suivant ?

— Jess s’empressa de s’engouffrer dans la brèche: on va au Pasta Party, Don va me raconter ce qu’il a fait au Minnesota, ça vous tente.
— Un oui quasi unanime, remplit la cabine.
— Dans ce cas, on embarque avec vous. »

 Sans plus de cérémonie, elle s’incrusta, entrainant son ami avec elle.


— « Mac n’est pas là ?
— Si mais il est en plein dans la paperasse. Il nous a dit de ne pas l’attendre. »
Elle se colla à son chéri. Sheldon en profita, passant discrètement sa main sur la taille de sa petite-amie.

Don quant à lui, échoua à côté de Danny se raidissant de cette proximité. Il s’obligea à regarder droit devant. Cela n’échappa pas à son voisin qui piqua du nez pour admirer ses chaussures, de dépit, de gène, de culpabilité, il hésitait, deviner les gestes de l’autre enflammait son imagination. Des flashs lui revenaient inlassablement sur leur dernière rencontre, l’embrouillant davantage. Ce n’étaient pas tant les gestes mais les mots et la hargne avec laquelle il les avait prononcés qui le faisaient souffrir encore aujourd’hui. Jamais descente ne lui parut si longue.

 

Surpris par le soubresaut à l’arrêt de la machine, Danny s’accrocha par reflexe à ce qu’il put, le bras de Don. Il se fit rejeter sans ménagement, la grimace du brun était sans équivoque. Cette réaction n’augurait rien de bon, il croisa les doigts que le repas se passe mieux. Lui qui espérait tant son retour, il ne savait pas comment se comporter maintenant qu’il était là. Pour des retrouvailles, un endroit exigu et surpeuplé comme celui-ci n’était pas le cadre idéal.

Au restaurant Pasta Party.

 

Le gérant fut agréablement surpris de voir débarquer leur petit groupe. Il faisait rarement le plein au service de 13H00. Il dirigea ses 6 clients à sa meilleure table, avec la tchatche caricaturale d’un rital de troisième génération qui ne connaissait de l’Italie que ce qu’il avait vu à la télévision. Pizza et plats de pâtes se disputaient le menu, avec différentes portions de quoi satisfaire les appétits d’oiseau comme les estomacs d’ogre. Sur la page des desserts, les douceurs aux noms exotiques titillèrent leurs gourmandises.  


Ils dégustèrent leurs assiettes dans une ambiance agréable. Les discussions s’enchainaient sans temps mort inconfortable. Le malheur des uns faisait le bonheur des autres. Si Danny ne s’était pas étendu sur la fin de son couple, ce que tout le monde comprenait, Adam était intarissable. Lui qui avait failli être licencié pour raison budgétaire, ne devant la sauvegarde de son poste que grâce à la mobilisation de ses collègues, occupait aujourd’hui la place laissée vide par Lindsay. Mac l’avait pris sous son aile, alors que Stella se chargeait plus volontier de Sheldon, qui allait fêter sa première année en tant qu’expert. Cette diversité dans leurs cursus leur apportait une complémentarité les aidant à résoudre les cas les plus difficiles. Puis se fut au tour de Don de leur répondre sur le Découpeur et Minneapolis. Lorsqu’il aborda sa blessure, il capta l’attention de tous, l’inquiétude qu’affichait son blondinet lui fit plaisir.

— « Montre. »


Il dut relever la manche de sa chemise pour leur faire voir le pansement. Une auréole rouge et fraiche grossissait lentement sur une extrémité de la gaze. Cela faisait presque 10 jours, les chairs ne s’étaient pas encore très bien ressoudées. L’empoignade involontaire de Danny avait dû faire sauter un point.

Le côté médecin de Sheldon s’exprimait en force.
— « Il ne t’a pas loupé, tu saignes encore. 
— J’ai dû me cogner sans faire attention. »
Ce n’était pas lui qu’il regarda quand il dit ça.

 — « Tu vas me suivre au labo en rentrant pour que je t’examine.
— Oui docteur Hawkes, et il pouffa.
— Ca doit être coton pour te soigner tout seul, demanda Adam.
— C’est un coup à prendre, le plus douloureux c’est quand j’enlève le pansement. Avec la colle, ça tire sur les poils. Mon duvet n’a pas résisté à l’arrachage quotidien, heureusement que je ne suis pas un yéti. J’admire votre courage, mesdames, pour l’épilation.
— Merci, Stella et Jess rigolèrent.
— Entre ça et les traces d’adhésif que j’arrive pas à nettoyer. J’ai hâte d’en finir. Plus qu’une semaine. »

Cet intermède les avait rassérénés, ils pensaient réitérer l’expérience de façon plus régulière, incluant Mac d'office pour leurs futurs festins.


A suivre.

Le chapitre suivant s'intitule: Tout ou rien.

Dragoun Lou

Déjà parus:
Prélude - Chapitre 1: Reddition
Prélude - Chapitre 2: Face à Face.
Prélude - Chapitre 3: Faire comme si.
Prélude chapitre 4: Garder ses distances
Prélude - Chapitre 5: Incompréhension.
Prélude - Chapitre 6: Départ.
Prélude - chapitre 7 : Séparation
Prélude - Chapitre 8: Visite surprise

Par Dragoun Lou - Publié dans : Prélude
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 14:16

Série : CSI New York – Les experts Manhattan

Histoire : Danny et Lindsay emménagent ensemble pour fêter leur un an de couple. Don en souffre car il aime secrètement son meilleur ami. Rien ne va plus entre eux.

Genre :  Romance / Slash

Statut : 10 chapitres – Terminée

Rythme de parution : un chapitre par semaine


Public : Tout public.

 

 


 

Chapitre 8 : Visite surprise.

L’avion n’était plus qu’un minuscule grain de sable dans le ciel, Danny venait de s’autoriser sa dernière réflexion mélancolique. Il n’avait pas totalement perdu Lindsay vu qu’ils garderaient le contact. Il réintégra son ancien trois pièces, resté vacant. La crise n’avait pas que ces mauvais côtés, puisqu’il avait pu renégocier le loyer, 35 dollars de moins à verser tous les mois, c’était toujours ça de pris. Il ignorait que la jeune femme avait prévu durant son voyage, une escale au Minnesota, état voisin du sien, enfin si on zappait le Dakota du Nord entre les deux. Elle tenait à passer le bonjour à un ami.

Dehors, la nature s’éveillait doucement de sa torpeur hivernale, le printemps sentait bon. La vie entamait un nouveau cycle.

****

Minneapolis.

— « Bonjour.
— Salut Flack !
— Constance n’est pas encore arrivée ?
— Non, mais elle ne devrait plus tardée. Tu la connais depuis le temps, elle est incapable d’être à l’heure. Au fait, vous êtes tous aussi ponctuels qu’une montre suisse à New York ?
— Ah ! Ah ! Très drôle, mais t’inquiète, ça ne concerne que moi. »
En deux mois, Don s’était bien intégré dans cette équipe exclusivement affectée à la traque du découpeur. Constance, la chef était une vieille dure à cuire avec un bagout et un aplomb redoutable. Elle ne l’avait pas ménagé à son arrivée. Le soir quand il regagnait enfin son hôtel, il l’en félicitait presque d’être si exigeante, trop crevé pour faire autre chose que dormir.

— « Mon canard, tu déteins sur moi, je n’ai que 15 minutes de retard.
— Bonjour patronne. Encore 15 minutes, je parie qu’avant de partir, j’arriverai à réduire ce délai à 5 minutes.
— Tenu. »

La matinée commençait toujours avec ces boutades, la bonne humeur était essentielle à la cohésion du groupe et aidait à tenir le rythme.

Constance aimait bien ce jeune blanc-bec. En le voyant débarqué, elle avait cru qu’il n’était que le rejeton d’un gradé, un incapable parachuté pour ne plus avoir à supporter son incompétence. En le voyant à l’œuvre, son opinion avait radicalement changé. Flack était un excellent enquêteur, intuitif et travailleur. Cela dit elle sentait une fêlure en lui qu’il cachait soigneusement, pas suffisamment pour son œil exercé, pas celui de flic, mais celui de mère qui avait éduqué trois fils devenus de grands gaillards responsables. Oui, il était touchant.

Ils avaient cru l’affaire réglée mais ils déchantèrent vite. Le suspect en garde à vue, à son arrivée, n’était qu’un copieur opportuniste. Don avait brillamment mené l’interrogatoire le confrontant à ses contradictions, appuyant intelligemment sur les bons leviers. Aculé dans ses derniers retranchements, le meurtrier avait fini par craquer reconnaissant avoir tailladé sa belle-mère en reprenant le modus operandi du tueur décrit dans un de ses torchons à sensations avide de descriptions morbides. Plus c’est sanglant et plus ça se vend.
Du coup, Don avait du prolonger son séjour, son capitaine lui avait accordé trois mois, après ça, il devrait quitter Minneapolis.
Le vrai découpeur, enorgueilli d’avoir des disciples, s’était mis à narguer la police, prêchant son art. Une grave erreur puisque par excès de confiance, il avait relancé l’enquête en laissant des traces de son passage.

L’étau se resserrait autour d’un certain Randall. Son emploi du temps collait avec les lieux et les dates des meurtres. Ils connaissaient de loin ou de près les 6 victimes qu’on lui attribuait. Ancien mercenaire, le maniement des lames lui était plus que familier. Traumatisé et mutilé, il semblait d’ailleurs ne pas s’être remis d’une de ses missions. Un chien de guerre enragé et dangereux qu’il fallait à tout prix stoppé, cependant le localiser s’avérait extrêmement délicat.

****

Le calme était revenu, chacun épluchait des témoignages quand l’officier de garde coupa leur concentration.

— « Flack, y’a quelqu’un pour toi à l’accueil. Veinard, c’est une belle pépé, ne l’a fait pas attendre.
— Je vais en profiter pour prendre ma pause. »

Un « Ouais, c’est ça ! » goguenard fusa mais trop rapide pour qu’il en identifie la source. Comme par hasard ses collègues planchaient tous, tête baissée sur la paperasse. Sûr qu’il aurait à répondre à une foule de question à son retour.

Il se rapprochait reconnaissant la silhouette à mesure qu’elle se dessinait. La surprise l’emporta sur la politesse.
— « Lindsay, mais qu’est-ce que tu fais là ?
— Bonjour à toi aussi. »
Gêné, il l’invita à siroter un café dans un endroit plus neutre. Son cerveau tournait à plein régime cherchant la raison de sa présence.

Confortablement installés à une table de Chez Bernie, sa gargote attitrée à deux pas du commissariat, il la fixait en silence. C’était à elle de lancer la conversation, il ne lui faciliterait pas la tâche.
— « Tu te plais à Minneapolis ?
— Je ne suis pas là pour faire du tourisme. »

Le silence retomba, lourd, inconfortable. Ne sachant pas comment s’en sortir, elle se jeta à l’eau.
— « On a rompu Danny et moi. »

Don s’étrangla avec sa gorgée d’arabica. Il toussa, et machinalement essuya les gouttes qui avaient versé de sa tasse posée précipitamment.

Le ton cinglait, extériorisant la tempête qui l’agitait.
— « Je vais la refaire : qu’est-ce que tu fais là ? »

Elle ne se démonta pas.
— « Danny et moi ne sommes plus ensemble.
— Et alors ?
— Je pensais que ça pourrait t’intéresser de le savoir.
— Vraiment ?
— Tu es bien amoureux de lui, non ? »

S’en fut trop, il se leva, prêt à la planter là.
— « Don, s’il te plait, écoute-moi jusqu’au bout. »

Il se rassit mais elle avait intérêt à rattraper le coup parce qu’elle avait bien foiré son entrée en matière. Pourquoi était-elle là. Elle ne savait pas trop.

— « Désolée de m’incruster et de te balancer ces nouvelles à la figure sans ménagement, j’ai préféré être directe.
— …
— Danny m’a tout raconté, absolument tout… »

Paniqué, il ne voulait pas revivre ce que la distance lui avait permis d’occulter.
— « Je ne veux pas en parler. »

Elle continua malgré tout. Elle lisait en lui comme dans un livre.
— « Il t’a fait mal, ta réaction me montre à quel point. Il s’en veut énormément.
— Et tu crois que ça va m’aider à me sentir mieux.
— Oui. Tu le connais mieux que moi, dés qu’il se sent vulnérable, il attaque d’abord pour ne pas être blesser en premier et cacher ses failles.
— Je n’attends rien de lui.
— Dis plutôt que tu n’as jamais cru que tes sentiments puissent être réciproques. Tu te complais dans cet amour à sens unique, rejetant ses approches maladroites. Tu ne lui as jamais laissé une chance de croire qu’une relation soit possible entre vous.
— …
— Je t’ai vu sombrer, et lui avec toi. … Notre séparation n’a rien avoir avec toi.
— Ne me mens pas, vous étiez le couple parfait, Danny n’a jamais été aussi heureux.
— On s’est raccroché l’un à l’autre parce qu’on en avait besoin. On a décidé de passer à autre chose, chacun de son côté. Tu as simplement accélérer l’échéance de quelques mois.
— A t’entendre tout à l’air si simple, si limpide.
— Aussi bizarre que cela puisse te paraitre, c’est le cas, enfin entre Danny et moi, tout est clair.
— Ca doit pas être la joie au labo.
— Je ne travaille plus à New York, j’ai décidé de retourner au Montana, d’où ma visite, tu étais sur le chemin. Mais s’il te plait, ne change pas sujet.
— C’est pas une blague.
— Je ne te ferais jamais ça. J’ai beaucoup de respect pour toi. J’espère t’aider à trouver le bonheur. Tu le mérites, vous le méritez tous les deux.
— J’y crois pas, tu viens jusqu’ici me donner ta bénédiction …. pour que je sorte avec ton mec ? Je dois être en train de rêver ou de délirer. »

Un espoir fou s’insinuait en lui. Lindsay pouffa bien qu’il n’y ait rien de drôle. Son visage redevint sérieux.

— « Danny ignore que je suis venue te voir. Il ne fera jamais le premier pas vers toi, tu dois en être bien conscient. Tout dépend de toi.
— Je ne sais pas…j’ai besoin d’y réfléchir. Tout se bouscule. »

Ils regardaient les passants par la baie vitrée, plongés dans leurs réflexions.
— « Je ne vais pas te déranger davantage, je dois partir de toute façon.
— Je te dépose si tu veux.
— Je veux bien, mais à la gare pas à l’aéroport.
— Il doit bien te rester 500 km à faire.
— Le train c’est plus long mais je peux voir le paysage, ces grands espaces m’ont manqué.
— C’est sur, c’est autre chose que Central Park.
— Cette forêt de poche m’a bien aidé à supporter la transition.
— Je peux te poser une dernière question, ces quelques mois, vous les auriez passés ensemble si je n’avais pas été là ?

Elle le regarda droit dans les yeux et un « oui » sans ambigüité franchit la barrière de ses lèvres.

— « Merci. »
Cette sincérité lui prouvait les sentiments de Danny. Il en était soulagé et terrifié à la fois. Tout dépendait de lui, elle avait raison.

****

— « Pour une pause, c’était une sacrée pause. Alors comment elle s’appelle ?
— C’est une amie, uniquement une amie et puisque vous insistez, je ne vous dirai rien de plus sur elle.
— T’es pas sympa, Flack.
— Tu m’auras pas plus avec les sentiments. »
Don n’avait pas menti, il n’avait rien lâché sur la belle inconnue, mais tous avaient noté un changement dans son attitude. Il s’était renfermé comme les premiers jours, préoccupé. Ils en déduisaient que leur invité souffrait d’une peine de cœur, pour le soutenir, ils cessèrent de le charrier.

****

A force de recoupements, de vérifications, les mailles de filet se resserraient autour de Randall. Ils se relayaient dans plusieurs planques, l’une d’elle se révéla payante. Deux flics, calfeutrés dans une piaule insalubre, les jumelles vissées à leurs mirettes, avaient repéré le suspect. Claudicant, il pénétrait dans le garage désaffecté situé en face, l’un de ses nombreux points de replis. Ils s’empressèrent de transmettre l’info au chef opération. Constance, que ce jeu du chat et de la souris agaçait, décida de procéder à son arrestation. Elle avait réuni ses hommes et quelques renforts pour lancer l’assaut. Don était en première ligne.
Leur intervention bien préparée se déroula en quelques minutes. Trois coups de bélier suffirent pour défoncer la serrure de la porte cochère. Poussant les battants désentravés, la large ouverture leur avait permis d’investir la place rapidement et en grand nombre. L’effet de surprise fut total.
— « Police, rendez-vous ! »

Le suspect n’avait pas résisté, avec 10 flingues sous le nez, c’aurait été suicidaire. Pourtant cette soumission et ce calme ne cadraient pas avec le personnage. La méfiance était de rigueur. Prudemment, Don baissa son arme pour la remettre dans son holster, il se saisit d’une paire de menotte. Il s’approcha pour les lui passer, pendant qu’un autre lui énonçait ses droits. Au nom des victimes et de leur famille, ils respectaient scrupuleusement la procédure. Aucun vice de forme ne lui servirait d’échappatoire.

Sans le quitter des yeux, le brun lui encercla le poignet gauche, il allait faire de même avec le droit quand il vit un éclat meurtrier brillé dans la rétine du mercenaire. Par reflexe, il se recula, à l’instant même où Randall brandissait un poignard, jusque là dissimulé dans sa manche. Il avait visé la carotide, mais la réaction soudaine de son adversaire lui avait fait rater sa cible. Le sang coulait, il en reconnut l’odeur si caractéristique. Un tel parfum excitait ses sens de chasseur, il n’avait pas tout perdu finalement. Il se fit plaqué au sol, son couteau hors de portée, dégagé d’un coup de pied à une bonne distance. Maitrisé, il fut évacué manu militari.

A suivre...

Le prochain chapitre s'intitule: Retour.

Dragoun Lou


Déjà parus:

Prélude - Chapitre 1: Reddition
Prélude - Chapitre 2: Face à Face.
Prélude - Chapitre 3: Faire comme si.
Prélude chapitre 4: Garder ses distances
Prélude - Chapitre 5: Incompréhension.
Prélude - Chapitre 6: Départ.
Prélude - chapitre 7 : Séparation

Par Dragoun Lou - Publié dans : Prélude
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